Press / Media items

L’évolution « récente » des grands dauphins mieux comprise

Press / Media: Research

30/03/2015

Dans l’Atlantique Nord-est, coexistent deux types de grands dauphins : les « côtiers », qui vivent dans des eaux peu profondes (moins de 40 m.) ; et les « pélagiques », localisés majoritairement dans des zones plus profondes. Qu’est-ce qui a mené à l’apparition de ces deux écotypes, fortement différenciés génétiquement ? : Un changement environnemental majeur, assez récent dans l’histoire de la Terre… C’est ce que répond une étude publiée récemment dans la revue Proceedings of the Royal Society B-Biological Sciences, par des chercheurs du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CNRS/Université de La Rochelle), du laboratoire Littoral, Environnement et Sociétés (CNRS/Université de La Rochelle), de l’UMS Pelagis (CNRS/Université La Rochelle), du Groupe d’Etude des Cétacés du Cotentin et de l’Université de Groningen.

Il apparaît en effet que les dauphins côtiers se sont séparés des dauphins pélagiques il y a environ 10 000 ans, à la fin la dernière glaciation connue par notre planète. Une période où une part importante des continents était prise dans la glace.

« Notre hypothèse est qu’à la fin de cette glaciation, les zones côtières, libérées de la glace, sont redevenues disponibles et ont pu ainsi être colonisées par quelques dauphins pélagiques. Ceux-ci se seraient ensuite peu à peu différenciés génétiquement des dauphins restés au large. Par la suite, la différenciation génétique entre les côtiers et les pélagiques se serait maintenue grâce au fait que chaque écotype a ses propres techniques de chasse et proies, adaptées à leurs milieux de vie respectifs », précise la biologiste Marie Louis. 

La chercheuse et ses collègues sont arrivés à leurs conclusions via une approche multidisciplinaire combinant des analyses génétique réalisées sur des échantillons de 400 grands dauphins vivant entre les Açores et l’Ecosse, collectés par des collaborateurs européens ; et des analyses morphologiques (taille de l’animal, de ses nageoires, etc.) et écologiques (renseignant sur l’habitat et les proies des dauphins), menées sur une soixantaine de ces individus.

Des modèles statistiques appliqués aux données génétiques leur ont permis de tester plusieurs hypothèses sur l’histoire évolutive des dauphins.

« Nos travaux améliorent non seulement nos connaissances spécifiques aux grands dauphins, une espèce protégée d’intérêt prioritaire, mais aussi celles sur les phénomènes menant à l’évolution d’espèces marines», souligne Marie Louis. 

Cette étude est le prolongement d’une première publiée en début 2014, où les chercheurs avaient identifié l’existence des deux écotypes de grands dauphins.

References

Related Publications
  1. Ecological opportunities and specializations shaped genetic divergence in a highly mobile marine top predator

    Louis, M., Fontaine, M. C., Spitz, J., Schlund, E., Dabin, W., Deaville, R., Caurant, F., Cherel, Y., Guinet, C. & Simon-Bouhet, B. 8-Oct-2014 In : Proceedings of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences. 281, 1795, p. 20141558

    Research output: Scientific - peer-reviewArticle

View all (1) »

ID: 17567082